Les enseignants stagiaires appellent le Ministre Augustin Antoine à mettre fin à ses pratiques de "Bandi Legal"
Communiqué du Regroupement des Enseignants Stagiaires à l’occasion de la rentrée scolaire 2025-2026
Port-au-Prince, le 08 septembre 2025
Dans quelques semaines, des millions d’élèves tenteront de faire leur rentrée scolaire. Certains y arriveront, non moins sans difficulté, mais d’autres se verront refuser ce droit, pour de multiples raisons. Des parents s’endetteront une fois de plus pour payer des frais de scolarité exorbitants, acheter des uniformes et des fournitures. Mais à quoi servira cet effort si, dans les salles de classe qui finiront par fonctionner, les enseignants formés et qualifiés restent écartés, remplacés par des nominations clientélistes, claniques ou purement politiques ?
Nous, 760 enseignants stagiaires, recrutés dans le cadre d’un contrat officiel signé par un ministre et formés dans les meilleures institutions du pays, attendons avant la rentrée des classes, la confirmation de nos nominations, en conformité avec le protocole MENFP-ENS de 2013 et les 12 mesures adoptées en 2014, publiées dans Le Moniteur ;
Nous, 760 enseignants stagiaires, portons le rêve d’une nouvelle école en Haïti où tous enfants accèdent à l’école dès la rentrée afin de réconcilier la nation avec elle-même, et briser le cercle vicieux de l’exclusion et de l’échec. Une école qui redonne confiance à une jeunesse trop souvent poussée à l’exil ou à la résignation ;
Nous, 760 enseignants stagiaires, sommes l’incarnation des rêves de nos parents et de tous les parents d’élèves qui ont travaillé la terre, vendu leurs biens, renoncé dans la douleur à leurs propres besoins pour voir leurs filles et leurs fils accéder à la dignité d’un travail reconnu et contribuer à bâtir une Haïti meilleure ;
Nous, 760 enseignants stagiaires, formés dans les facultés et écoles normales du pays (ENS, FDSE, IERAH, FLA, ENGA, CFEF, ENARTS…), sommes porteurs de compétences modernes et diversifiées et sommes prêts à enseigner tant les matières traditionnelles que les nouvelles matières introduites par la réforme curriculaire (Éducation à la citoyenneté, Économie, Technologie Et Activités Productives, Créole, Éducation Esthétique et Artistique, Éducation Physique et Sportive, etc....) et prêts à contribuer au nouvel enseignement par l’approche par compétence dans le Fondamental et le Nouveau Secondaire ;
Nous, 760 enseignants stagiaires, ne réclamons pas de faveurs. Nous exigeons simplement que la loi, les engagements soient respectés et renouvelons notre demande :
De respecter immédiatement les engagements du ministère envers les enseignants stagiaires, comme cela a été fait lors des dernières nominations (au moins deux chaires par professeur, ou un poste à temps plein) ;
De mettre fin à la politisation des nominations, qui détruit la crédibilité de l’école et ruine la confiance de la jeunesse ;
De donner des signes clairs que la promesse d’une “nouvelle école” n’est pas une démagogie, mais une volonté réelle.
Pour conclure, nous appelons les parents à défendre le droit de leurs enfants à avoir des enseignants formés, la société civile à dénoncer les nominations claniques, les organisations de la société civile à rappeler que l’avenir d’un pays ne peut pas se bâtir sur le mépris de sa jeunesse et nous appelons les médias à relayer ce combat.
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