Un an après, le CPT échoue à convaincre
Des millions pour neuf conseillers
Selon le RNDDH, chaque conseiller touche entre 10 et 13,5 millions de gourdes par mois. Soit plus d’un milliard de gourdes en un an. Un contraste choquant dans un pays où plus de 60 % des habitants survivent avec moins de 3 dollars par jour. « Avec 500 gourdes, je dois nourrir mes trois enfants et acheter du charbon. Pendant ce temps, ils encaissent des millions », dénonce Marie-Claude, vendeuse de fritay à Delmas.
L’insécurité au quotidien
Depuis l’arrivée du CPT, le RNDDH recense 4 405 assassinats et près de 1 900 viols. Des massacres comme ceux de Wharf Jérémie (110 morts), Kenscoff (139 disparus) et Pont-Sondé (70 morts en 48 heures) restent gravés dans les mémoires. À Port-au-Prince, 85 % du territoire est contrôlé par des gangs. Plus d’un million de personnes ont fui leur maison. Dans un camp de déplacés à Carrefour, Jean, ancien chauffeur de tap-tap, raconte : « J’ai dû abandonner ma maison à Martissant. Les bandits ont tout brûlé. Aujourd’hui, je dors sur un carton avec ma femme et mes deux enfants. Le CPT ne fait rien pour nous. »
Des élections impossibles
Le CPT devait organiser des élections pour sortir le pays de la transition. En avril 2025, le Conseil électoral a reconnu son incapacité à tenir les scrutins. Le Premier ministre Leslie Voltaire a admis que seuls 8 départements sur 10 pourraient voter, ce qui priverait près de 60 % des électeurs de leur droit de vote. « On nous avait promis la démocratie, mais on nous laisse encore dans l’incertitude. C’est comme si on n’existait pas », regrette Frantz, étudiant en sciences politiques à l’Université d’État d’Haïti.
Corruption et luttes internes
L’image du CPT est ternie par des scandales. Emmanuel Vertilaire, Smith Augustin, et Gérald Gilles sont accusés par l’ULCC de corruption, en essayant de sous tirer des millions de gourdes auprès du président de la BNC (Banque national de crédit) Raoul Pascal Pierre-Louis. En interne, les divisions minent son fonctionnement. Frinel Joseph a dénoncé une « présidence tournante illégitime » et un « blocage institutionnel ». Pour beaucoup, ces querelles montrent que les conseillers pensent davantage à préserver leurs privilèges qu’à répondre aux urgences nationales.
Une légitimité en question
Le CPT n’a pas été élu. Un an après, il n’a pas apporté de solution à l’insécurité, n’a pas tenu sa promesse d’élections et n’a pas restauré la justice. Pour une partie grandissante de la population, le Conseil incarne la continuité d’un système qui se nourrit de privilèges au détriment de la majorité.
Conclusion
Un an après sa création, le CPT a perdu la confiance d’une grande partie de la population. Sa légitimité est contestée, ses promesses non tenues, et ses dérives dénoncées. Dans un pays où la majorité survit dans la pauvreté et sous la menace des gangs, le Conseil apparaît moins comme une solution que comme un symbole d’un système à bout de souffle. La question reste entière : qui portera enfin une transition capable de répondre aux urgences du peuple haïtien ?
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